Michel Tournier
Période de vie :
1924 – 2016
Fonction :
philosophe et écrivain, membre de l’Académie Goncourt
Notice rédigée par :
Michel Baudat
Biographie
Né à Paris le 19 décembre 1924 et mort le 18 janvier 2016 à Choisel.
Ses parents s’étaient rencontrés à la Sorbonne alors qu’ils étaient étudiants en licence d’allemand. Sa mère était la fille d’un pharmacien de Bligny-sur-Ouche en Côte-d’Or. Son père, Alphonse Tournier, est issu d’une famille d’artisans verriers établis dans l’Hérault au début du XIXe siècle, puis à Lalande en Dordogne. Gueule cassée de 14-18 et germaniste accompli, il renonça à l’enseignement et fonde plusieurs sociétés de collecte des droits d’auteurs à l’origine de la SACEM. La famille habite d’abord à Paris, rue Taitbout, dans le 9e arrondissement, avant de s’installer dans une grande maison à Saint-Germain-en-Laye.
En 1941, la famille Tournier quitte la maison de Saint-Germain-en-Laye réquisitionnée par les Allemands et s’installe à Neuilly-sur-Seine. Michel Tournier entre au lycée Pasteur, où il découvre la philosophie avec Maurice de Gandillac.
Passionné par les ouvrages de Gaston Bachelard et ayant échoué au concours d’entrée à l’École normale supérieure, il choisit de préparer une licence de philosophie à la Sorbonne, où il soutient en juin 1945 son diplôme d’études supérieures de philosophie sur Platon. Il réside ensuite quatre ans dans l’Allemagne en reconstruction et suit les cours de philosophie de l’université de Tübingen avant de rentrer en France en 1949. Finalement, il renonce à l’enseignement après son deuxième échec à l’agrégation de philosophie en 1950.
Il s’installe à Paris, dans un hôtel de l’île Saint-Louis. Il fréquente des écrivains comme Georges Arnaud et Yvan Audouard, des artistes comme Pierre Boulez ou des philosophes comme Gilles Deleuze. Pendant huit ans il fait des traductions pour les éditions Plon, où il est directeur littéraire.
Il participe à des émissions culturelles sur Europe 1 et anime une cinquantaine d’émissions mensuelles sur la deuxième chaine de l’ORTF intitulées Chambre noire sur la photographie qui deviendra indissociable de son œuvre :
Il se lie alors avec Lucien Clergue avec qui il crée en 1968 le plus grand festival consacré à la photographie en France, les Rencontres de la photographie d’Arles.
Après plusieurs textes qu’il juge trop médiocres, Michel Tournier publie en 1967, à quarante-deux ans, son premier roman Vendredi ou les Limbes du Pacifique. Il rencontre vite le succès et l’estime du monde littéraire. Son roman est couronné par le grand prix du roman de l’Académie française.
En 1970, son deuxième roman, Le Roi des aulnes, marque les esprits et obtient à l’unanimité le prix Goncourt.
Écrivain reconnu, Michel Tournier entre au comité de lecture des éditions Gallimard et devient en 1972 membre de l’Académie Goncourt.
Il se consacre dès lors entièrement à la littérature avec en plus de ses romans et nouvelles, des textes pour la jeunesse (comme la reprise de son premier roman sous le titre de Vendredi ou la Vie sauvage en 1971 ou Barbedor en 1980).
Il publie également des essais : Le Vent Paraclet (1978), autobiographie et réflexion littéraire et philosophique, Célébrations (1999).
Il écrit de nombreux articles, des préfaces de livres, pour Le Bachelier de Jules Vallès ou pour Calligraphe d’Hassan Massoudy.
En 1957, il s’installe dans un ancien presbytère à Choisel dans la vallée de Chevreuse où il travaille dans la solitude, à l’écart de Paris et des dispersions du milieu littéraire. Il se montre très attentif à ses lecteurs qu’il aime rencontrer, tout particulièrement les collégiens auxquels il rend souvent visite.
Il a aussi beaucoup voyagé pour la longue préparation de ses livres.
Ses livres sont désormais traduits dans plusieurs dizaines de langues et les tirages sont toujours impressionnants, comme pour Vendredi ou la Vie sauvage (près de trois millions d’exemplaires en France) ou Le Roi des aulnes (quatre millions).
Objet de plusieurs études et thèses, l’œuvre de Michel Tournier lui a valu la médaille Goethe en 1993, et le titre de docteur honoris causa de l’université de Londres en 1997.
Fin 2010, à 85 ans, il fait connaître à Edmonde Charles-Roux son souhait de démissionner du jury de l’Académie Goncourt12 et d’en devenir membre honoraire.
Il n’écrit plus mais continue à parler de ses œuvres.Il alimente aussi le fonds Tournier créé en 1996 à la bibliothèque universitaire d’Angers.
Il meurt le 18 janvier 2016 à son domicile de Choisel à l’âge de 91 ans. Il est inhumé dans le cimetière qui jouxte l’église et son presbytère.
Décoration
31 décembre 2015 : commandeur de la Légion d’honneur
Pour aller plus loin :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Tournier
